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Tours (37) - France

© 2018 by Matéo Crémades / Ensemble Parchemins

Financement participatif du 17 novembre au 11 décembre 2019 sur 

https://fr.ulule.com/recreation-italienne-nouvel-album/

 

Naviguant entre tradition orale et tradition écrite, l’Ensemble Parchemins   (re)crée une musique où les sentiments se dévoilent et se libèrent, une   musique qui invite non seulement au voyage et à l'intime mais aussi à l'échange et à l'interaction avec le public.

MATÉO CRÉMADES   GUITARE BAROQUE - CHANT             CHANT - PERCUSSIONS    NATHALIE FERRON

      Spécialisé dans l'interprétation du répertoire de chansons du début du 17e siècle, l'Ensemble Parchemins n’a de cesse, depuis sa création à Tours en 2014, de chercher à créer une résonance entre le caractère ancien du répertoire qu’il interprète et sa modernité manifeste. Ainsi, en marge des lieux traditionnels dédiés aux musiques anciennes (églises, chapelles, châteaux…) dans lesquels ils se produisent régulièrement, les musiciens de l’Ensemble Parchemins aiment également investir des lieux hétéroclites ancrés dans notre présent (cafés, librairies, médiathèques, musées…) pour y donner leurs concerts et collaborent fréquemment avec des structures qui promeuvent les musiques dites « actuelles ».

Au terme d’une précieuse collaboration musicale avec la violoncelliste Flora Chevallier, l’Ensemble Parchemins a réalisé un 1er album « De la Rue à la cour des Rois » disponible depuis juin 2018.

 L'Ensemble Parchemins en chiffres

  • 2 chanteurs-instrumentistes

  • 1 guitare baroque construite par Matéo Crémades en 2015

  • tambourin, 2 paires de castagnettes et 1 petite cloche

  • 4 ans d'existence

  • Plus de 90 concerts dans 6 régions et 17 départements

  • 5 châteaux inoubliables, 17 églises, chapelles et abbayes à l’acoustique remarquable, 18 bars, restaurants, épiceries, librairies et cafés associatifs écumés, 5 festivals de musiques actuelles, 4 théâtres, 1 ferme, 1 dojo, 1 atelier de lutherie…

  • 1 album de 17 morceaux autoproduit avec l’aide de 130 contributeurs

  • Plus de 950 abonnés à la page facebook

"L'Ensemble Parchemins, c'est un voyage dans le passé tout en musique et en sourires"

William, le 16 décembre 2017 au Château de Chambord (41)

« Comme un massage ce concert ! »

Louise, le 29 septembre 2018 à l'Atelier de la Cage d'Escalier (37)

« Magnifique, bouleversant »

Pascal, le 21 octobre 2018 à Vouvray (37)

« Un baroque de légèreté, de sourires, de badinage et de beauté »

D.R. le 29 juin 2018 au Château du Plessis (37)

L’Ensemble Parchemins, aujourd’hui, c’est : 4 ans d’existence, un album autoproduit et plus de 60 concerts en France. Si on revient un peu en arrière, pouvez-vous nous parler de la genèse du groupe ?

Nathalie F.  Je suis arrivée à Tours en 2012 et j’ai eu la chance d’intégrer très rapidement un ensemble vocal de musique contemporaine (l'Ensemble Vocal XX.21) dans lequel chantait également Matéo. Au terme de cette aventure musicale en 2014, nous nous sommes lancés, sans transition aucune, dans l’univers de la musique baroque !

Matéo C.  Ça parait assez vertigineux comme saut temporel, cependant nous ne partions pas de zéro car cela faisait plusieurs années déjà que je me formais à la musique ancienne dans la classe de Pascale Boquet au Conservatoire de Tours. C’est aussi l’époque où j’ai commencé à construire ma guitare baroque en autodidacte dans mon garage aménagé en atelier. Je m’aperçois aujourd’hui que la fabrication de cet instrument marque véritablement la naissance de l’Ensemble Parchemins.

En effet, la guitare est au centre de votre formation. Pourquoi l’avoir préférée au luth qui est tout de même, pour le répertoire ancien, l'instrument incontournable pour accompagner la voix  ? 

M.C.  Eh bien, déjà pour la simple raison que je ne sais pas jouer de luth. C’est un instrument vraiment très différent et difficile qui nécessite une technique particulière. En tant que guitariste de formation, il a été plus naturel pour moi de me tourner vers la guitare baroque, et ça a été un vrai coup de cœur !

Ensuite, nous avions à cœur de travailler le répertoire de chansons italiennes du début du 17e siècle (Kapsberger, Monteverdi, Obizzi…) qui a été en partie écrit pour être accompagné par la guitare cinq chœurs (la guitare baroque à cinq cordes doublées). 

N.F.  Et puis cette belle guitare a le mérite de nous avoir inspirés pour trouver le nom de notre ensemble. Le parchemin était utilisé à l’époque baroque pour la fabrication des rosaces finement ouvragées qui ornent l’ouïe de la guitare. Matéo s’est d’ailleurs spécialisé dans la fabrication de ces rosaces en parchemin.

M.C.  Effectivement, en 2017 j’ai créé mon atelier de sculpture sur parchemin via lequel je propose des rosaces en parchemin aux luthiers d’instruments à cordes pincées anciens ainsi qu'aux facteurs de clavecins pour orner leurs instruments. Vous pouvez découvrir mon travail sur ma page facebook Atelier Matéo Crémades.

À côté de la guitare, l’autre instrument phare de votre ensemble c’est tout de même la voix. Vous êtes d’ailleurs tous les deux chanteurs.

N.F.  Oui, c’est d’ailleurs pour cette raison que nous employons le terme « Chansons Baroques » pour définir notre proposition musicale. Cela évoque une musique simple et accessible à tous, qui tranche avec l’image plus sérieuse de l’air de cour baroque. Pour coller au mieux avec le caractère épuré de cette musique, nous utilisons des voix droites, assez proches de celles utilisées dans les musiques traditionnelles, plutôt que des voix lyriques avec beaucoup de vibrato.

Et ces chansons, qui les a composées ? Que racontent-elles ?

M.C.  Ce sont des chansons issues principalement du répertoire savant du début du 17e siècle. C’est une période très riche musicalement et pendant laquelle s’opère une véritable transition stylistique. Nous interprétons des chansons de compositeurs tels que Monteverdi, Kapsberger, Obizzi pour l’Italie, Moulinié en France ou Briceño en Espagne, qui ont contribué au développement d’un des styles prédominant de l’époque baroque, la monodie (chant) accompagnée. Toutefois Il faut avoir conscience que, bien que savantes, les chansons que nous interprétons sont pour la plupart inspirées par les musiques populaires que les compositeurs pouvaient entendre dans la rue. C’est le caractère simple et à la fois savant de ces chansons que nous apprécions tout particulièrement.

N.F.  Et dans la rue on rencontre toutes sortes de personnages : des amoureux transis, des demoiselles rêveuses, des amants jaloux ou bien encore des soupirants enflammés

M.C.  Oui, en somme, ces chansons parlent souvent d’Amour !

Les lieux de concerts dans lesquels vous jouez sont très éclectiques. Des bars, des châteaux, en passant par des chapelles ou encore des médiathèques et même des festivals de musiques actuelles… Ce n’est pas très courant pour un ensemble de musique baroque ?

N.F.  Pour nous, c’est une évidence. Ce sont des lieux que nous fréquentons et ça nous parait normal et nécessaire d’y apporter notre musique. Cette diversité de lieux de concert nous permet d’aller à la rencontre d’un public varié, curieux et enthousiaste qui découvre parfois la musique baroque pour la première fois. C’est formidable !

M.C. On est toujours à la recherche de lieux atypiques. Pour nous c’est primordial de proposer notre musique là où on l’attend le moins. Mais c’est aussi un régal de pouvoir jouer dans des lieux de patrimoine comme par exemple le château de Chambord ou des églises et chapelles qui nous offrent des conditions de jeu plus confortables.

Tous ces concerts vous ont amenés à la réalisation d’un premier album « De la Rue à la cour des Rois » entièrement autoproduit qui est sorti au printemps 2018. En êtes-vous satisfaits ?

N.F. On est ravi ! C’est une grande satisfaction de pouvoir laisser une trace de trois années de travail et de concert. C’était la première fois que l’on se lançait dans ce genre d’aventure par nos propres moyens, et qui plus est sans vraiment être préparés … Nous avons dû monter un financement participatif pour que notre album puisse voir le jour (encore merci à tous nos contributeurs !). Nous souhaitions un très bel objet, ce qui a nécessité beaucoup de travail.

M.C. Oui, nous étions loin d’imaginer que ce serait si intense ! Au final ça en valait vraiment la peine ! Nous sommes très contents du résultat, que ce soit au niveau du son ou au niveau de l’objet que nous avons réalisé en collaboration avec l’Atelier de Sérigraphie Merci Jeannette. La réalisation de ce premier album nous a donné très envie de recommencer. Ça tombe bien, nous avons plein de projets pour les mois à venir !

Sur l’album vous êtes accompagnés par Flora au violoncelle. Au final, l’Ensemble Parchemins c’est un duo ou un trio ?

M.C. Aujourd’hui, c’est un duo à géométrie variable. Nous avons eu la chance de collaborer avec Flora Chevallier pendant 3 ans. Cette collaboration a atteint son apogée avec l’enregistrement de notre premier album. Maintenant que nos routes se séparent, nous revenons à notre duo initial que nous apprécions tout particulièrement. C’est une formation facile et inspirante !

Pour terminer et afin de mieux vous connaitre, pouvez vous nous parler de vos goûts du moment en matière de musique, de cinéma et de littérature ? 

M.C. Ah... Résumer ses goûts n'est jamais évident... Côté musique, j'écoute beaucoup de musiques actuelles. J'aime bien me tenir au courant de ce qu'il se fait aujourd'hui. Je peux écouter de la pop/rock comme The National, Phoenix ou encore Beirut, du hip-hop avec Chillbump ou Stupeflip ou les chansons de Bashung ou Brigitte Fontaine. En musique ancienne, j'aime particulièrement l'ensemble Accordone de Guido Morini avec les fabuleux chanteurs Pino de Vittorio et Marco Beasley, l'ensemble Aromate de Michelle Claude et l'Accademia del Piacere de Fahmi Alqai. Sinon, j'écoute bien sûr les incontournables guitaristes baroques comme Xavier Diaz Latorre et Rolf Lislevand. 

Côté film j'aime beaucoup le cinéma japonais. L'île nue de Kaneto Shindo ou La femme des Sables de Teshigahara sont pour moi des chefs-d'oeuvre ! En littérature le premier nom qui me vient à l'esprit c'est Kenzaburo Oé pour rester dans la culture japonaise, sinon mon livre fétiche est sans hésitation Le rivage des Syrtes de Julien Gracq. 

N.F.  Pour avoir fait des études en Lettres Modernes, je ne peux cacher que mes premiers amours en art sont les livres. J'aime Hugo pour son don de nous raconter des histoires extraordinaires avec L'Homme qui rit, par exemple, Proust pour sa mystérieuse recherche, plusieurs auteurs russes comme Nabokov ou Gontcharov ainsi que l'écriture fascinante d'Emmanuel Carrère. 

Avec le cinéma, l'émotion circule encore autrement. Un film tout à fait étrange, La Double Vie de Véronique, m'accompagne depuis longtemps,  La musique aussi de ce film est pour moi une référence.

En musique, je suis férue de chanson française. Bertrand Belin et Katerine en contemporain,  Barbara, Boris Vian, Jeanne Moreau, pour une autre époque. Comme Matéo, j'ai toujours écouté des artistes très divers: Fela Kuti, The Ex, Lo Cor de la Plana... Enfin, pour parler de musique plus classique, j'aime les voix de Françoise Atlan ou Victor Torres et je reste subjuguée par les  poèmes symphoniques suivants: Les quatre derniers lieder de R. Strauss et Les Nuits d'été de Berlioz.

Interview de septembre 2018

Crédit photo : Fabrice Rousseau

 
 
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